Veillée de Noël Baraqueville

2019 12 24 Veillée de Noël (99)Un conte mimé par les enfants du KT :

Le cantique de Giacomo

Texte de Sophie de Mullenheim

Revisité par Christiane Raynal et Valérie Tissot-Pélissier (catéchistes)

En cette période de Noël, il règne dans les rues du village beaucoup d’agitation, de rire et de joie. Les habitants vont et viennent, heureux de se croiser, de se saluer.
Mais tout le monde ne partage pas cette bonne humeur, Giacomo, un vieux musicien qui habite au village depuis toujours est lui, de très méchante humeur. Dans quelque jour ce sera Noël et Giacomo n’aime pas Noël.

2019 12 24 Veillée de Noël (105)Depuis les fenêtres de sa maisonnette, sur la place du village, Giacomo voit défiler tous les villageois. Tous connaissent le musicien et même s’ils sont affairés, pressés ils prennent le temps de lui dire un petit mot en passant. Giacomo lui, ne participe pas à cette ambiance de fête et il reste derrière ses fenêtres à bougonner contre toute cette agitation inutile.
Voici que passe M. Lucien. Il s’en va chercher un sapin pour orner sa maison. Il s’arrête un instant et tente de faire sortir Giacomo de chez lui.

« Bonjour mon cher Giacomo ! J’ai pensé que tu aurais peut-être envie de m’accompagner ? Je m’en vais dénicher le plus beau des sapins ! C’est une surprise pour mes enfants. Ils n’en croiront pas leurs yeux lorsqu’ils rentreront après l’école. »

Giacomo répond :
« Certainement pas. Moi je n’aime pas les sapins ni toutes ces décorations de Noël. Je n’aime pas Noël ! Je ne sortirai pas de chez moi ! »

2019 12 24 Veillée de Noël (139)Un peu plus tard c’est au tour de Melle Julie de passer devant la maison de Giacomo. Elle se rend chez la fleuriste.
« Bonjour mon bon Giacomo, est-ce que cela te plairait de venir avec moi chez la fleuriste ? En cette période, sa boutique déborde de houx, de gui et de couronnes si joliment décorées. C’est un vrai plaisir pour les yeux ! »

Giacomo répond à nouveau:
« Surtout pas ! Moi je ne sortirai pas, ni pour me rendre chez la fleuriste ni pour aller chercher un sapin. Quelle idée de s’agiter ainsi pour rien ! Tout cela m’exaspère ! Je ne supporte pas Noël ! »

Un peu plus tard encore, c’est un groupe d’enfants qui frappe à la porte de Giacomo. Ils sont heureux car ils ont pu récolter des jouets pour les enfants pauvres du village et ils s’en vont les déposer chez M. le Curé. Ils essaient d’entraîner Giacomo avec eux.
« Giacomo, ouh, ouh, Giacomo. Regarde tous les beaux jouets que nous avons récoltés ! Nous allons les apporter à M. le Curé, voudrais-tu venir avec nous ?

Et une fois encore Giacomo refuse :
« Des jouets, à déposer chez M. le Curé ! Non mais et puis quoi encore ! Non, non et non ! Je ne sortirai pas de chez moi ! Passez votre chemin petits garnements ! »

Une fois seul, Giacomo rouspète encore :
« Je ne crois pas à cette histoire de Noël : Dieu qui naît dans une crèche… Sornettes ! Balivernes ! »

Giacomo est toujours en train de ronchonner lorsqu’on frappe à nouveau à sa porte. Cette fois, c’en est trop ! On va bien voir de quel bois il se chauffe ! Il ouvre la porte brusquement et demande rudement :
« C’est pour quoi cette fois ? Je le répète : JE NE SORTIRAI PAS DE CHEZ MOI, je n’en ai rien à faire des sapins, des fleuristes et des jouets »

Un jeune homme se tient sur le pas de sa porte, embarrassé
« Pardonnez-moi, je ne voulais pas vous déranger. »

Giacomo se radoucit et invite son visiteur à entrer.
« Excusez-moi, je suis un vieux ronchon. Que puis-je pour vous ? »
« Je suis le nouveau curé de la paroisse. Les villageois m’ont confié que vous étiez un très bon musicien alors je viens vous commander un cantique de Noël ! »

Sous le coup de la surprise, Giacomo manque tomber à la renverse.
« Un cantique de Noël !? Ça, c’est la meilleure, se dit-il tout bas. Mais pourquoi pas, après tout ? Je manque de travail en ce moment. Et puis il a l’air plutôt sympathique ce nouveau curé. Pourquoi ne pas lui rendre service ?…
« J’accepte ! » lance-t-il finalement.
« J’en suis ravi, répond le prêtre en souriant. Je viendrai chercher le cantique avant la messe de minuit. »

Giacomo se met aussitôt à l’ouvrage. Devant sa feuille blanche, le vieil homme peine. Qu’il est difficile d’écrire un cantique de Noël quand on ne croit pas en Jésus ! Qu’il est dur de chanter la joie de Noël quand on n’aime pas cette fête !
Giacomo rature, gribouille et jette des dizaines de feuilles. Bientôt, épuisé, il s’endort sur son bureau et commence à rêver. Il rêve qu’un ange entre par la fenêtre et vient chuchoter à son oreille.

2019 12 24 Veillée de Noël (101)L’ange lui raconte la nuit de Noël, cette douce nuit où un bébé est né pour sauver le monde et aimer les hommes. Il lui murmure que cet enfant est venu pour lui aussi, Giacomo. Il lui révèle la douceur de Dieu qui arrive discrètement, dans une crèche, pour ne pas s’imposer aux hommes. Dans son sommeil, Giacomo sourit.
À son réveil, au milieu de la nuit, le vieux musicien prend une nouvelle feuille. Le voilà qui se met à écrire, à écrire…
Giacomo ne s’arrête plus, son cœur déborde de reconnaissance envers ce Dieu qu’il vient de découvrir. Alors, il compose. Sans relâche. Jusqu’au petit matin.

Il est un Dieu qui voudrait un enfant

Il est une mère qui attend humblement

Et si du ciel descendait un Ange, pour annoncer :

Que d’une mère naîtrait cet enfant

Que de Dieu il viendrait pour les vivants

Et que l’Esprit, en lui régnerait, en annonçant !

De Noël viendra un enfant

De Noël le monde attend

De Noël viendra un enfant

De Noël le monde attend

Cette année-là, la messe de Noël fut plus belle que les autres fois. Et tandis que tous les fidèles chantaient son cantique, le vieux Giacomo, assis dans le fond de l’église, pria pour la première fois de sa vie.

FIN

2019 12 23 Préparation du gymnase pour la Veillée de Noël (10)

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